Autoportrait (13.11.2013–14.11.2014)

Par Baladi

Hors Collection

120 pages en quadrichromie

17.2x13.2 cm

Cartonné

26 Chf/22 €

ISBN 978-2-88923-034-1

Parution en septembre 2015

Prix Töpffer Genève 2015.
On a commis le crime parfait, impossible de trouver le cadavre! D’ailleurs le corps continue à boire, manger et dormir, et à errer dans les rues de la ville, la nuit… Donc pas de cadavre, un corps qui bouge, et pourtant quelque chose est bien mort… Quant à l’enquête, c’est à l’avenir qu’elle s’intéresse, bien plus qu’au passé. Revenons un instant un peu en arrière, à la base du projet: Baladi décide, courant 2013, d’envoyer pendant un an et chaque semaine une carte postale à son éditeur (Atrabile, donc), mélangeant ainsi «mail art» et bande dessinée. Derrière cette contrainte formelle se cache une envie de raconter qui se trouvera portée et bouleversée par le quotidien direct de l’auteur (séparation, rencontres impromptues) ainsi que par des événements qui le toucheront moins directement mais presque aussi fortement (guerre en Syrie, Palestine). Dans la forme, Baladi va multiplier les techniques et les outils pour (se) raconter : crayon, plume, stylo, peinture, découpage, collage – tant de moyens utilisés avec inventivité et passion. Dans le fond, on trouve bien sûr une forte dimension autobiographique, où l’auteur se confronte sans cesse à son environnement, proche ou lointain, et les rêves ainsi que le monde de la nuit joueront tout au long de ces pages un rôle prépondérant. Il ne faudrait néanmoins pas omettre l’aspect politique du livre, présent ici comme dans quasiment tous les livres de Baladi d’ailleurs; la présence de Goldorak sur la couverture est donc bien plus qu’un clin d’œil nostalgique, puisque le robot japonais héros du dessin animé éponyme est devenu une espèce d’icône de la résistance au Liban et en Syrie. Dans une bibliographie peu banale souvent faite d’expérimentation et de recherche, Autoportrait fait néanmoins office «d’ovni» ; la lecture de cette «cartographie» d’un certain désespoir reste pourtant passionnante, tant par les défis formels que le livre relève, que par son exploration des affres d’une dépression aussi sourde qu’envahissante. Tirage limité à 500 exemplaires numérotés et signés.