Bile Noire 9

Par Ibn Al Rabin Baladi Kaze Dolemite Andreas Gefe Jason James Kochalka Andréas Kündig Frederik Peeters Olivier Quéméré Helge Reumann Nicolas Robel Anna Sommer Pierre Wazem

Bile noire

80 pages en noir & blanc

19 x 26 cm

Broché

18.50 Chf/12.20 €

ISBN 978-2-940329-43-4

Parution en octobre 2000

Un bon gros Bile Noire bien dodu comme on n’en avait pas vu depuis, ouf, jamais en fait, puisque c’est la première fois qu’un Bile Noire fait 80 pages, et ça, ça nous fait bien plaisir. On ne sait pas trop si les numéros à venir seront de la même épaisseur, ou si l’on retournera au format standard de 64 pages, encore trop tôt pour le dire. On se demande d’ailleurs toujours un peu quel avenir donner à Bile Noire. On n’a jamais ressenti le besoin de calquer notre démarche sur qui que ce soit, et, malgré l’apparente confidentialité dans laquelle semble être confinée notre revue, on a toujours énormément envie de s’entêter à produire un périodique qui, de par sa teneur, ne peut virtuellement pas rencontrer de succès commercial. Mais quand on voit les récents changements qui se produisent chez une majorité de nos différents «confrères», que ce soit en France, en Belgique ou aux États-Unis, qui soit abandonnent l’idée d’une périodicité soutenue, soit arrêtent tout bonnement de paraître, on se sent tout d’un coup un peu seul. Un peu comme si, en voyant les autres tomber autour de soi, on dé-couvrait soudainement qu’on est mortel. On le sait depuis le début, un collectif, une anthologie, ça n’a ja-mais «marché» (rappelons que pour bien accorder un participe passé, il suffit de le remplacer par le verbe «vendre»). Mais une fois de plus, tout ça ne devrait pas nous empêcher de nous obstiner. Bien au contraire. De plus, une remise en question perpétuelle nous a toujours semblé quelque chose de nécessaire. Dont acte.
Enfin bon.
Le magazine suisse allemand Strapazin a consacré son numéro de septembre au petit monde de la bande dessinée genevoise. On y retrouve un grand nombre de contributeurs réguliers de Bile Noire, et certaines des planches publiées dans ce numéro en sont tirées. Ainsi, les étranges fables de Frederik Peeters, Nicolas Robel et Xavier Robel. Strapazin ayant déjà passablement brisé cette fameuse barrière culinairo-culturelle qui sépare les germanophones et les francophones, nous nous sommes proposés à notre tour de publier quelques pages issues de suisse alémanique. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que l’on accueille en ces pages Anna Sommer, auteur de «Remue Ménage», co-publié par Arrache Cœur et L’Association, et Andreas Gefe, dessinateur de «Madame Lambert» chez Petits Meurtres. On retrouve également Noyau, qui deviendrait presque un habitué, puisque ce dernier a signé la couverture de ce numéro.  Naviguant perpétuellement entre Genève et Zurich, Andréas Kündig propose ici une page de bande dessinée abstraite. La bande dessinée abstraite c’est, dixit Ibn Al Rabin, instigateur de ce mouvement en devenir, «une bande dessinée où l’on s’efforce de ne représenter aucun objet ayant une signification iconique évidente, hormis les cases et les phylactères».  D’accord. Malgré tout, ce dernier reste fidèle à lui-même dans les quelques pages présentées plus loin. Autre nouvel arrivant, James Kochalka, auteur américain prolifique qui a publié un peu partout aux États-Unis, et dont on devrait pouvoir vous présenter un peu plus de son minimalisme élégant et attachant dans les prochains numéros. Pas vu depuis longtemps, Helge Reumann nous revient avec quelques pages pleines d’angoisse et de bûcherons. De son côté, Olivier Quéméré continue de nous narrer ses déboires sentimentaux et éthyliques dans la deuxième partie de «S. et moi». Suite et fin de la «Pro-me-nade à Sarajevo» de Wazem, beaucoup plus bucolique qu’à l’accoutumée. Alex Baladi nous fait part du curieux accident dont il a été témoin. Kaze, lui, nous démontre les méfaits que peut causer ce maudit ballon rond. Et Jason, qui nous livre une histoire dédiée aux amateurs d’hélium. Jason, dont on publie ce mois-ci un bien bel album, «Attends…», dans la collection «flegme». On ne peut que vous conseiller la lecture de ce livre, tant celui-ci, au-delà de ses qualités intrinsèques, nous semble symptomatique du potentiel que peut détenir ce fameux 9e Art. Oui bien sûr, l’auto-promotion, c’est facile et ça bouffe pas de pain. N’empêche… n’empêche…
Autre bel ouvrage, mais à paraître en janvier 2001 celui-là, «Frankenstein encore et toujours» de Baladi, où l’auteur met les points sur les i en ce qui concerne le mythe et le livre de Mary Shelley, tout en brossant un portrait d’une rare justesse de deux jeunes filles d’aujourd’hui. On se réjouit.
Prochain numéro: N° 10! Des traits noirs sur du papier blanc! Plus un peu de couleur!