Le Monsieur aux Couleurs

Par Roberto La Forgia

Collection Flegme

160 pages en bichromie

17 x 24 cm

Broché avec rabats

26.50 Chf/19 €

ISBN 978-2-940329-99-1

Parution en septembre 2012

Dans les années 90, trois jeunes garçons font leur premier pas à la découverte de l’autre sexe: Luca, Gianni et Paolo, dans leur petit patelin de l’Italie du Sud, fantasment à tout va, s’imaginent et (re)construisent à leur manière le corps et l’identité féminine, se basant sur des bruits entendus ici ou là et une revue porno tombée dans leurs mains. Une soif de stimuli visuels va emmener le trio dans une librairie de bande dessinée d’occasion. Là va naître une relation intense et floue entre le libraire et Paolo, le plus petit, et sans doute le plus fragile des trois enfants. Une relation pleine d’affection et de tendresse. Trop?… Paolo, orphelin de père, grandit avec la lourde responsabilité de s’occuper d’une mère paraplégique. Il va trouver dans le libraire une figure quasi paternelle, une personne pleine d’attentions, qui lui permettra, grâce aux images, aux couleurs, de voir le monde d’une manière différente. Ainsi va naître une relation intime et mystérieuse, entre désir et peur, entre responsabilité et attraction, entre adulte et enfant. Comme un équilibriste, Roberto La Forgia marche sur une corde tendue tout au long des 160 pages de Le Monsieur aux Couleurs, et, sans jamais chuter, traite avec finesse, délicatesse et intelligence un sujet difficile et complexe. S’il ne cède jamais aux sirènes du manichéisme, c’est sans doute qu’il possède l’un des plus beaux talents, celui de ne pas tout dire, de ne pas tout montrer, ainsi que celui de faire confiance à ses lecteurs. Mais Le Monsieur aux Couleurs, c’est aussi une évocation pleine de vie de ces années-là, un 400 coups solaire et drôle, qui fleure bon les pommes d’amour, les croûtes aux genoux et les premiers baisers, incertains et maladroits. Et c’est sans doute ce qui rend ce livre aussi précieux et rare, ce mélange entre rire et drame sous-jacent, cette évocation de l’enfance faite avec tendresse mais sans angélisme, et sur laquelle plane une menace dont on ne saura jamais vraiment le nom.