Bile Noire 14

Par Ibn Al Rabin Baladi Jessie Bi Big Ben Mark Staff Brandl Benjamin Chaumaz Guy Delisle Robert Goodin Jason Andréas Kündig Guillaume Long Jérôme Mulot Manfred Näscher François Olislaeger Frederik Peeters Florent Ruppert Jürg Steiner Tom Tirabosco Pierre Wazem Nikola Witko

Bile noire

96 pages en noir & blanc

17 x 24 cm

Broché

18.50 Chf/12.20 €

ISBN 978-2-940329-48-9

Parution en juillet 2004

N’avons-nous donc rien appris?
ou
Des fois, ben je me sens seul
ou
Pourquoi faire les choses bien quand on peut les faire mal
ou
Serait-il déjà trop tard? Moi, j’ai rien vu venir
Ce qui est fou, mais vraiment, c’est que l’on pourrait se dire qu’avec le temps, avec «l’expérience», cette bonne vieille suite d’erreurs dont on est censés tirer des conclusions constructives, on aurait appris, on saurait mieux faire, les choses seraient plus faciles et mieux faites, mais en fait, hé, pas, mais alors pas du tout, j’ai même l’impression que c’est à chaque fois pire, plus poussif, plus bordélique, et sans pour autant que le Grand But soit plus clair,  au contraire, c’est à chaque fois un peu plus sombre, alors que pourtant, plus noir que noir, ça n’a pas de sens, eh bien pourtant, oui, la preuve, avec ce début (début? vraiment?) d’année passablement chaotique, où tout se mélange, s’emmêle, à un point où il n’est plus très sûr que l’on puisse démêler les noeuds, et tout ça, mes amis, cet amalgame informe dans lequel on fonce tête baissée pour mieux se vautrer dedans jusqu’à finalement s’y noyer, ce Grand Bazar Flou que l’on construit jour après jour et qui prend la tête du matin au soir, eh bien ça, ça, ce n’est le fruit que d’une seule et unique énergie, elle-même produite par une pose face au monde qui nous  entoure que l’on appellera désormais, et faute de mieux, la Lose Attitude, voire la Totale Lose Attitude, comportement dont on doit désormais non plus s’excuser mais afficher, prôner vertement et revendiquer, seule posture possible, donc, pour des êtres qui naviguent continuellement entre humilité et orgueil, responsabilité et légèreté, organisation et bordel-sans-nom, rigueur et je-m’en-foutisme, promesse et reniement, contrition et regards frondeurs, couché mat et offset natural ivoire, la liste est longue et maintenant c’est bon, ça suffit, alors merci à tous ceux qui nous ont aidés, qui nous aident et qui nous aideront, et pardon, mille excuses, hein, désolé, à tous ceux que nous avons offensés, tous ceux que notre simple existence insulte, tous ceux que nous allons déranger.
Oh, et puis non, tiens.
Donc. Bile Noire n°14, plein de bonnes choses devrait-on dire, mais on n’est pas au marché non plus, et puis si vous êtes arrivés jusque-là, le mal est déjà fait, alors bon.
Dans la continuité: Tom Tirabosco et ses souvenirs d’enfance, ce qui pourrait bien déboucher sur un livre; François Olislaeger et son abécédaire, arrivé à la lettre D; une nouvelle missive dessinée par 
Pierre Wazem; une deuxième livraison de bande dessinée abstraite, avec Andréas Kündig, Jessie Bi, Frederik Peeters, Guy Delisle, Ibn Al Rabin & 
Mark Staff Brandl; une revue dans la revue de 22 pages toujours dirigée par Andréas Kündig, et ce coup-ci dénommée Gaz de France, où l’on trou-
vera  également des contributions d’Alex Baladi, 
Manfred Näscher, Jürg Steiner, Guillaume Long, 
Ibn Al Rabin et Big Ben – d’ailleurs, malgré ce que certains pourraient penser après la lecture de GDF, on est fermement convaincu ici que la publicité c’est le Grand Satan, et que sa disparition ferait partie des vrais grands bonds en avant pour l’humanité (pas sûr que ce propos ait vraiment sa place ici, mais bon, ça fait du bien, et puis c’est pas grave).
On les connaît bien: Frederik Peeters réagit à 
l’arrivée de l’extrême droite au sein du gouverne-ment suisse; Alex Baladi plonge en plein onirisme; Jason nous présente des nonnes peu loquaces; 
Robert Goodin revient accompagné de Repeat et Belle Gueule; Ibn Al Rabin fait ce qu’il sait faire, mais sur des emballages de barres aux céréales; et c’est Nikola Witko qui s’est chargé de décorer l’intérieur de la couverture.
Jamais encore vu ici: Benjamin Chaumaz (bienvenue!), ainsi que Florent Ruppert & Jérôme Mulot, auteurs du très beau et surprenant Del Aventure, «fanzine» de grande classe au format d’un quotidien, et dont les quelques dessins présentés plus loin sont tirés.
À venir tout de suite: La Main droite d’Alex Baladi, bande dessinée pour le moins expérimentale et  quasiment dénuée de dessins; Mauvais Chemin de Jason, où l’auteur s’attaque à sa façon et en bichromie à l’univers de Mary Shelley.
À venir plus tard: Panorama, ouvrage ambitieux et exigeant par Loo Hui Phang et Cédric Manche.
À venir encore plus tard: La Fin. Et y en aura pour tout le monde.