Un gars veut de sortir de son isolement, mais c’est pas facile. On commence par bonjour, d’accord, c’est toujours pareil. Mais après bonjour, c’est toujours différent ? Et comment fait-on pour ne pas se répéter ? Et c’est quoi ces choses à ne pas dire et ces limites à ne pas franchir ? Et si aujourd’hui il n’y a pas de place pour toi dans la vie des autres, pourquoi y en aurait-il demain ? As-tu même une chance d’être accepté sans porter la marque secrète des gens congénitalement sympas.
L’album est très dense, quasiment aucune case n’est de trop, et il y en a plein sur quasiment toutes les pages. Outre l’intrigue principale on y rencontre deux explosions de bombe atomique, un peu de patinage artistique, un complot génocidaire, presque une histoire d’amour, une digression sur la neurologie, la tombe de Michel Onfray, un soupçon de scatologie, etc. On en tirerait facilement quelques trilogies. Ajoutez à ça un style en aplats que l’auteur n’a finalement jamais réussi à dessiner rapidement et vous comprendrez pourquoi il a fallu plus de vingt ans pour finir cet album. Aussi l’histoire accuse un certain retard technologique, et c’est mieux de se dire qu’elle se passe au début des années nonante. Personne n’allait encore sur internet, mais les gens n’étaient pas franchement différents. Avant l’âge d’or du complotisme, un soupçon de paranoïa suffisait déjà pour se raconter des conneries, et si on parle d’une épidémie de solitude aujourd’hui, c’est juste qu’à l’époque elle affectait moins de gens.
En vente dès le 22 janvier 2027